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Plan de la Cité médiévale

La ville de Carcassonne occupe une position stratégique aux bords de l'Aude (pas ma fille, la rivière!) qui a attiré la convoitise de nombreux peuples envahisseurs. Ainsi, après les Ibères et les Celtes, les Romains ont compris l'importance de cette situation géographique et y ont construit une place fortifiée , un oppidum, destinée à protéger le flanc nord de la Via Domitia. La ville prit alors le nom de Carcasso. La voie domitienne est un axe routier qui reliait l'Italie à l'Espagne, soit la Méditerranée et l'Atlantique. Cette artère était un dispositif vital dont dépendaient la défense et l'économie du monde romain. Son tracé qui commençait au contrefort des Alpes menait les voyageurs à Aix, Arles, Nîmes et Narbonne avant de traverser les Pyrennées qui séparaient la Gaule Narbonnaise et l'Espagne Tarraconaise.

La présence des Romains remonte à la conquête de la Gaule Narbonnaise, soit 122 av. J.C. Les premières fortifications ont été construites en 33 av. J.C. et ont été constamment renforcées jusqu'au 4e siècle après J.C. Elles sont encore aujourd'hui facilement reconnaissables.

Fer de lance de l'avancée barbare au 5e siècle, les Wisigoths prirent Carcassonne en 436. Ils n'en furent chassés qu'au 8e siècle par les Francs. En 752, Carcassonne fut attaquée et prise par les Maures (peuple musulman d'origine nord africaine). La ville fut libérée par Pépin le Bref, le père de l'empereur Charlemagne quelques années plus tard. C'est l'occupation de la citadelle par les Sarrasins qui inspira la légende de la dame Carcas. Alors que les envahisseurs donnaient l'assaut à la ville, cette dame Carcas aurait donné l'alerte aux défenseurs en sonnant les cloches de l'église. D'où le nom de la cité : Carcas-sonne !

Au Moyen Âge, la ville se trouve sous l'autorité du comte de Trencavel. Une nouvelle religion, tenue pour hérétique par le pape, y trouve beaucoup d'adeptes et un refuge quasi imprenable: le catharisme. En outre, Carcassonne est une ville très riche en raison des taxes prélevées sur les marchandises qui transitent sur l'ancienne route domitienne. Pour éliminer les principaux foyers de la religion hérétique, le pape Innocent III met en branle une croisade qui se révélera très meurtière. En 1209, le comte Simon de Montfort, qui commande de facto la croisade contre les Albigeois, fait le blocus de Carcassonne. Au terme de 12 jours de siège, étant réduite à la famine, Carcassonne le 15 août ouvre ses portes à Simon qui l'ajoute à ses possessions. En 1224, elle est cédée au Roi de France. Au 13e siècle, sous le règne du bon roi Saint-Louis, devenue bien royal, Carcassonne se voit dotée d'une deuxième muraille et s'affirme dans son rôle de forteresse. À partir de cette date, Carcassonne fut considérée comme inexpugnable.

La cité de Carcassonne a subi le même sort que la plupart des monuments hérités du moyen-âge: elle fut laissée à l'abandon. Les édifices, les murailles se sont délabrés et ont été utilisés comme garage, granges, caves ou ateliers... Grâce au poète Mérimée et surtout à l'architecte Viollet-le-Duc, la cité a été sauvée de la pioche des démolisseurs. Les travaux de restauration ont commencé en 1853. Une partie de la ville fortifiée fut ainsi sauvée: les structures les plus imposantes furent alors refaites, consolidées ou reconstituées. Carcassonne prit dès lors sa forme définitive, telle que nous la voyons aujourd'hui. Précisons qu'après 60 ans de travaux, seulement 15% de la ville a été restauré. Ajoutons encore que les architectes n'ont pas toujours été guidés par un grand souci d'authenticité. Dans leur état actuel plusieurs édifices, comme les tours de défense par exemple, ne sont pas des reproductions exactes de ce qui se faisait à l'époque. Il présentent plutôt une disposition idéalisée de l'architecture militaire féodale telle que se l'imaginaient les restaurateurs.

En décembre 1997, Carcassonne a été classée au patrimoine mondial par l'UNESCO.

La forteresse compte aujourd'hui 52 tours et deux enceintes concentriques totalisant 3 km de remparts. On appelle les lices, l'espace entre les deux enceintes; en parcourant cette zone, il vous sera possible de revivre l'époque féodale et de juger des caractères de l'architecture militaire.

Plan de la Cité

Porte Narbonnaise: porte principale de la ville, construite sous le règne du roi Philippe Le Hardi (1245-1285). C'est le dispositif le mieux fortifiée de la cité et représente un extraordinaire exemple d'architecture militaire du Moyen Âge. Le passage par la force de la Porte Narbonnaise posait un défi hors du commun pour tout soldat ennemi. Un pont mobile (qui était bien sûr retiré lors de l'assaut), une barbacane et enfin une porte en enfilade en interdisent d'abord l'accès. Ensuite, après avoir franchi le fossé, l'assaillant, s'il est toujours en vie, arrive à la porte. Celle-ci est flanquée de deux tours à meurtrières qui protègent l'entrée. L'agresseur, à découvert et soumis aux traits des défenseurs, était loin d'être au bout de ses peines. Ils devaient en effet franchir en succession deux groupes de deux herses espacées d'environ 4 mètres. Des ouvertures pratiquées dans la voûte au dessus du passage entre les deux grilles (des machicoulis ) permettaient au défenseurs de jeter des projectiles ou de l'eau bouillante sur les soldats ennemis.
La Porte Narbonnaise était-elle prenable? Pourquoi ne pas essayer! Qui sera assez courageux pour faire l'assaut de cette impressionnante construction militaire à la suite de vos valeureux professeurs?

A. Pont mobile
B. Porte en enfilade
C. Herse numéro 1
D. Herse numéro 2

Barbacane: dispositif de protection d'une porte. Il y avait quatre barbacanes au total; une pour défendre chaque porte. De forme demi-circulaire, la barbacane est percée de meurtrières et flanquée de deux redans. Des soldats positionnés sur les courtines, bien protégés derrière les créneaux, tiraient des projectiles sur les forces d'assaut.

Les tours romaines: ces quatre tours sont sans surprise les plus anciennes des fortifications de la cité. Construites au IVe siècle ap. J.C., elles sont caractéristiques de la technique de construction militaire du bas-empire romain. Notez l'emploi du petit appareil de pierre (opus mixtum) utilisé pour la maçonnerie ainsi les assises de briques horizontales apparaissant à hauteur irrégulière.

La tour de la Vade: construite sous le règne de Saint-Louis (1226-1270), cette tour avait comme but de renforcer les fortifications à l'est de la porte Narbonnaise. Notez que tenant à peine aux créneaux, elle est presque indépendante des fortifications.

Le château contal: château fortifié qui constituait une deuxième ligne de défense à l'intérieur de la cité. Entouré de neuf tours, le château forme un rectangle. Il est protégé en outre par une barbacane face à son entrée. À remarquer, les hourds (charpente en encorbellement pour protéger les défenseurs) construits sur les créneaux et au haut d'une tour.

Les lices: bande de terrain entre les deux enceintes de fortification.

La Basilique Saint-Nazaire: cette église fait appel aux techniques de construction et de décoration des deux styles architectural qui ont dominé le Moyen Âge: le roman et le gothique. La basilique Saint-Nazaire renferme plusieurs objets rares, dont la pierre qui a tué Simon de Monfort.

La Porte Saint-Nazaire: cette entrée constituait aussi un défi de taille pour quiconque donnait l'assaut à la cité de ce côté des remparts. L'éventuel assaillant devait se présenter de profil par rapport à l'enceinte intérieure. Il était alors facile de lancer des projectiles par les meurtrières, à la fois sur le côté et par l'arrière, venant de la tour.

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