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Arles possède un port relié à la mer Méditerranée par un canal. Centre agricole et industriel (produits alimentaires, textiles et produits chimiques), la ville constitue le point de départ pour la visite de la Camargue. Ancienne capitale romaine, grand centre religieux au Moyen Âge, Arles garde de son glorieux passé deux des plus belles antiquités gallo-romaines, les arènes et le théâtre, et deux joyaux de l’art roman, le portail et le cloître de St-Trophime. C’est la plus grande commune de France avec une superficie de 77,000 hectares. Population : 52 593 habitants, les Arlésiens.

Histoire :

D’abord le site d’un oppidum celte, puis colonisée par Marseille dès le VIe siècle, la ville qui prend le nom d’ "Arelate " reçoit des colons romains (les vétérans de la 6e légion) sous le règne de César. Dès lors, Arles supplante Marseille comme capitale économique de la Gaule Narbonaise. Elle possède le pont le plus au sud sur la route directe entre l’Italie et l’Espagne, la voie Domitienne. La ville, beaucoup plus près de la mer qu’aujourd’hui, est à la fois port maritime et fluvial. Arles est aussi un important noeud routier : sept routes terrestres unissent la Méditerranée à la Gaule du nord et aux autres provinces occidentales. Étant une colonie militaire, Arles reçoit le privilège de s’entourer d’une enceinte fortifiée. Le plan d’urbanisme révèle des rues qui découpent la ville en damier autour du cardo (axe nord-sud : repéré près de l’hôtel de ville) et du decumanus (axe est-ouest : repéré rue de la Calade). Arles possède un forum ( à l’endroit des cryptoportiques), plusieurs temples, un théâtre, et des thermes (sous la place de la République). Un aqueduc (quelques ruines près de la porte de la Redoute à l’est) amène en abondance l’eau pure des Alpilles.

Au IVe siècle, Arles était un des principaux centres de commerce et d’industries de l’Empire romain. On y fabrique des tissus, de l’orfèvrerie, des navires, des armes. Un atelier impérial frappe la monnaie. On exporte le blé, la charcuterie, l’huile d’olive et le vin du Rhône, noir et épais, qu’on appelle le vin de poix. Avec sa prospérité, Arles voit s’accroître son importance politique. L’empereur Constantin s’y installe. En 395, elle devient la capitale de la préfecture des Gaules (Gaule, Espagne, Bretagne). Arles est aussi un important centre religieux et c’est là que se tiendront 19 conciles ecclésiastiques, notamment celui condamnant le donatisme (314) .

Après la chute de l’Empire romain, la ville fut envahie par les Wisigoths puis par les Ostrogoths. En 730, elle fut pillée par les envahisseurs musulmans. Elle fut proclamée la capitale du Royaume d’Arles qui devint plus tard le Royaume de Provence en 933. Ville sur le déclin, elle fut détrônée par Aix sur le plan politique et Marseille sur le plan économique.

Plusieurs peintres habitèrent la ville notamment Gauguin et Van Gogh. Vincent, (il arrive le 21 février 1888) inspiré par les paysages provençaux et leur luminosité, y réalisa plus de 200 toiles et 100 dessins. Les immeubles où il demeura, dont la " maison jaune " ont disparu pendant la deuxième guerre mondiale. Malheureusement, il ne reste guère de vestiges de la période arlésienne de Van Gogh. (ý illustration à la fin du document)

Celui-ci quitte Arles pour l’asile de St-Paul-de-Mausole, près de St-Rémy-de-Provence en 1889.

VISITE D’ARLES

Arènes – Cet amphithéâtre construit au Ier siècle de notre ère, mesure 136 m. sur 107 m.; il pouvait recevoir plus de 25,000 spectateurs. Il comporte deux étages d’une hauteur totale de 21 m. comprenant chacun 60 arcades. L’arène qui mesurait 69 m. sur 40 m. était séparée des gradins par un mur de protection et un plancher la recouvrait; sous ce dernier se trouvaient les machineries, les cages à fauves et les coulisses. Les arènes furent transformées en forteresse durant le Moyen Âge. Plus tard, on y construisit une petite ville de 200 maisons et deux chapelles. Pour effectuer ces constructions, les matériaux ont été prélevés sur l’édifice qui fut ainsi grandement mutilé, mais malgré tout conservé.

Théâtre antique – Construit sous Auguste vers 27 av. J.C., le théâtre nous est parvenu en piteux état. Dès le Ve siècle, il sert de carrière pour la construction des églises. L’édifice mesure 102 m. de diamètre et pouvait contenir environ 12,000 spectateurs. Il ne reste du mur de scène que deux colonnes entières de marbre italien. La scène, la fosse du rideau, l’orchestre et une partie des gradins sont encore visibles.

Cryptoportiques – Double galerie souterraine, les cryptoportiques sont les fondations du forum romain. Les deux couloirs voûtés en plein cintre (longueur de 90 m. et largeur de 60) sont séparés par un alignement de piliers rectangulaires. Leur fonction est mal connue. En plus d’assurer la stabilité des édifices du forum, les historiens voient en eux des greniers à blé ou de simples galeries de promenade.

Palais Constantin – Les thermes d’Arles sont les plus vastes qui subsistent en Provence (98 m. sur 45 m.) Ils datent de l’empereur Constantin qui s’établit un temps à Arles après avoir élevé Arles au rang de préfecture des Gaules. Peuvent encore être visités, le tepidarium (salle d’eau tiède) et le caldarium (salle d’eau chaude) qui a conservé son hypocauste (salle de chauffe).

Place du forum – L’emplacement du forum antique ne coïncide pas avec celui du forum actuel. Le forum romain s’étendait plus au sud. À gauche de l’hôtel Nord-Pinus, deux colonnes corinthiennes surmontées d’un fragment de fronton sont les restes de la façade d’un temple du 2e s. qui chevauchait la branche nord des cryptoportiques.

Église St-Trophime – D’abord construite à l’époque carolingienne (8e-10e siècle; dynastie auquel appartenait l’empereur Charlemagne), l’église est de nouveau construite à la fin du 11e s. afin de recevoir les reliques de Saint Trophime (premier évêque d’Arles au début du 3e s.) auquel elle est désormais dédiée. C’est vers 1190 que l’édifice s’embellit du magnifique portail sculpté que nous pouvons admirer. St-Trophime offre ainsi un parfait exemple de l’art roman tardif de Provence.

Le portail présente une ordonnance (disposition des éléments de construction et de décoration) à l’antique affectant la forme d’un arc de triomphe, formule courante en Provence au 12e s.

À l’intérieur, la hauteur de la nef centrale surprend (20 m.). La nef, éclairée par de hautes fenêtres en plein cintre, est couverte d’une voûte en berceau. Cette sobriété romane contraste avec les arcs du choeur gothique.

Le cloître de St-Trophime est le plus célèbre de Provence par l’élégance et la richesse de sa décoration sculptée. Sa construction s’est déroulée en plusieurs étapes : les galeries romanes nord et est à la fin du 12e s., les galeries gothiques sud et ouest au 14e s.

Les Alyscamps – Des temps romains à la fin du Moyen Âge, les Alyscamps ont été l’une des plus célèbres nécropoles d’Occident. Lorsqu’un voyageur de l’Antiquité arrivait à Arles par la voie aurélienne, il était accompagné jusqu’à l’entrée de la ville par le long cortège des tombeaux et des mausolées. Nous avons vu en classe qu’il était interdit d’enterrer les morts à l’intérieur des limites des cités antiques. Les tombes reposaient le long des routes à la sortie des villes : la via Appia à Rome est un bon exemple à cet égard.

Le grand essor des Alyscamps est dû à la christianisation de la nécropole autour du tombeau de Saint-Genès. Genès, fonctionnaire romain, avait été décapité en 250 pour avoir refusé de transcrire un édit de persécution des chrétiens. Des miracles s’étant produits sur les lieux, les fidèles devinrent de plus en plus nombreux à demander à y reposer. D’autant qu’une légende affirme que Saint-Trophime y fut lui aussi inhumé. Les tombes s’accumulent par milliers et s’empilent sur trois couches : 4e-5e s., 9e-10e s. et 12e-13e s.

Le transfert des reliques de Saint-Trophime à la cathédrale en 1152 enlève une partie de son prestige la nécropole. À partir de la Renaissance, les seigneurs dérobent les sarcophages les mieux sculptés. On utilise même les pierres pour construire d’autres édifices ou pour circonscrire les jardins. Voilà un bel exemple de ce que l’on appelle le cannibalisme architectural. Vous en verrez bien d’autres durant le voyage

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